Il n’y a plus de temps à perdre

Jeanne-Marie

Privilégiée, confinée dans une maison avec un jardin, en compagnie de mon fils de 16 ans, pour moi ces 55 jours de confinement ont été :

Un temps de jardin peuplé d’oiseaux, d’insectes et de fleurs,

Un temps à être proche, tout en étant éloignée des gens que j’aime,

Un temps de confidences sans que nous puissions nous serrer dans nos bras,

Un temps de nouvelles amitiés, au gré de rencontres lors de marches dans Sainte-Luce,

Un temps à trouver que ce qui nous entoure peut aussi nous remplir sans aller au bout du monde, et nous permettre ainsi de revoir nos frontières, qu’elles soient physiques ou mentales,

Un temps à avoir du temps avec mon fils, un vrai temps qui n’est pas volé à toutes ses obligations qui font notre quotidien habituellement,

Un temps créatif, avec de la musique, de la couture et du dessin,

Mais aussi un temps à souffrir du manque de l’être aimé trop éloigné, à repenser la relation pour la faire grandir et nous aimer malgré la distance,

Un temps pour rêver, imaginer un autre monde, penser à faire autrement après, croire que l’on pourrait réinventer nos vies,

Et finalement un temps d’espoir parfois déçu, par l’après 11 mai.

Finalement le confinement pour moi a été une histoire de temps, de rapport au temps, de rapport aux personnes que j’aime, à mon amoureux et au sens de la vie.

J’ai passé le cap du demi-siècle pendant ce hors temps, et du haut de ces 50 ans tout neufs, je sais que mon monde ne sera plus le même, que le sens de ma vie s’en trouve changé et qu’il n’y a plus de temps à perdre.

3 réflexions sur « Il n’y a plus de temps à perdre »

  1. Bravo Jeanne.
    De Belgique, nous avons aussi éprouvé, profité, usé de ce temps de pause, de calme, de partage, d’espoirs…
    Ton nouveau demi-siècle entamé s’annonce fertile.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *